Frenchy Cannoli fut l’une des figures les plus influentes du haschich traditionnel. Pendant près de vingt ans, il a appris le métier auprès de cultivateurs d’Asie et d’Afrique du Nord, avant de consacrer ses dernières années à transmettre ce savoir en Californie. Voici l’histoire de sa vie, de sa vision du haschich comme un savoir-faire à la hauteur du vin, et de ce qu’il a laissé derrière lui.
En bref
- Frenchy Cannoli est né à Nice, en France, le 13 décembre 1956.
- Il a vécu en nomade pendant environ 18 ans et a appris à fabriquer du haschich notamment au Maroc, au Népal, au Pakistan et en Inde.
- Il a passé huit saisons de récolte dans la vallée de Parvati en Inde, vivant dans des grottes et frottant le charas à la main avec les cultivateurs locaux.
- En Californie, il a animé la série de séminaires The Lost Art of the Hashishin et défendu le terroir et les appellations d’origine pour le cannabis.
- Il est décédé le 18 juillet 2021, à 64 ans, des suites de complications après une opération.
De Nice à la Hippie Trail
Frenchy Cannoli a grandi à Nice. À 17 ans, il quitte la maison avec 450 dollars en poche, attiré par les récits des Mille et Une Nuits et les voyages de Marco Polo. Il suit ce que l’on appelle la Hippie Trail et parcourt au fil des années le Mexique, le Maroc, la Thaïlande, le Pakistan, le Népal et l’Inde.
Ses voyages avaient un but précis. Chaque année, il passait trois à quatre mois dans des régions de culture reculées pour apprendre à fabriquer le haschich de manière traditionnelle. Il qualifiait lui-même ces années de retraite prise à l’avance. En 1980, au Népal, il rencontre Kimberly, qui devient sa femme et se fera plus tard appeler Madame Cannoli.

Le charas de la vallée de Parvati
La période qui l’a le plus marqué est celle passée dans le nord de l’Inde. Pendant huit saisons de récolte, il a vécu dans des grottes à Malana et dans la vallée de Parvati, dans l’Himalaya, travaillant aux côtés des cultivateurs locaux. Il a aussi appris auprès d’un réfugié afghan, habile fabricant de haschich.
Dans la vallée de Parvati, le charas se fabrique en frottant les têtes fleuries encore vivantes entre les mains jusqu’à ce que la résine colle aux paumes et puisse être roulée. La méthode diffère du tamisage à sec pratiqué par exemple au Maroc, où la plante séchée est secouée sur de fins tamis pour en détacher les trichomes. Nous décrivons la tradition marocaine dans l’article
Hachisch marocain : les montagnes du Rif, le tamisage à sec et la qualité.
La Californie et The Lost Art of the Hashishin
Après la naissance de sa fille en 1989, Frenchy a travaillé dans d’autres domaines en Asie, puis au début des années 2000 la famille s’est installée dans la baie de San Francisco. Une fois sa fille partie faire ses études, il est revenu au haschich, dans un cadre bien différent des grottes de l’Himalaya. Le marché californien du cannabis se développait vite, et il voulait montrer que les méthodes traditionnelles y avaient leur place.
Il a lancé la série de séminaires The Lost Art of the Hashishin, où cultivateurs et fabricants apprenaient à tamiser, presser et affiner le haschich à la main. Il partageait aussi ses techniques sur YouTube et Instagram, où il comptait plus de 170 000 abonnés à sa mort, et écrivait pour plusieurs magazines spécialisés. Sous le nom V.S.O.P., Very Special Olde Press, il produisait son propre haschich pressé. Il fut aussi l’un des premiers à étudier de façon systématique l’évolution du haschich au fil du temps, ce qu’il appelait l’affinage, comme pour le fromage et le vin.
Le haschich comme le vin : terroir et origine
En bon Français, Frenchy aimait comparer le haschich au vin. Il estimait que le sol, le climat et le travail du cultivateur donnent à la plante un caractère qui doit se retrouver dans le produit final, exactement comme le terroir dans le monde du vin. C’est pourquoi il souhaitait des appellations d’origine pour le cannabis, sur le modèle de l’appellation d’origine contrôlée qui protège par exemple les vins de Bordeaux.
Cette idée se retrouvait dans ses propres produits. Il ne vendait qu’une seule qualité de haschich pressé traditionnel, et l’emballage indiquait le nom du cultivateur et l’emplacement de la ferme. Il travaillait de préférence avec du cannabis cultivé au soleil dans de petites fermes. Le documentaire Frenchy Dreams of Hashish, du réalisateur Jake Remington, montre comment la légalisation en Californie a touché ces fermes.
L’héritage de Frenchy Cannoli
Frenchy Cannoli est décédé le 18 juillet 2021, à 64 ans, des suites de complications après une opération. Au moment de sa mort, il travaillait à un livre sur l’histoire des concentrés de cannabis. Kimberly poursuit aujourd’hui la marque Frenchy Cannoli.
Son plus grand héritage est le regain d’intérêt pour le haschich artisanal. Beaucoup de fabricants qui produisent aujourd’hui du haschich par tamisage, lavage à l’eau glacée et pressage à la main ont appris de lui, directement ou grâce à ses vidéos. Pour en savoir plus sur la fabrication des différents types de haschich, lisez
Le haschisch au CBD : qu'est-ce que c'est, comment est-il fabriqué et comment le choisir ?.
Beaucoup des méthodes enseignées par Frenchy servent aussi à fabriquer du haschich CBD à partir de chanvre industriel à faible teneur en THC. Notre boutique propose notamment du haschich Ice-O-Lator lavé à l’eau glacée et plusieurs autres sortes de haschich CBD, dont une sélection plus bas sur la page. Nous expliquons la différence entre haschich et fleurs dans
Haschich au CBD ou fleurs de CBD : comprendre la différence.
Qui était Frenchy Cannoli ?
Frenchy Cannoli était un fabricant de haschich français, enseignant et défenseur du haschich traditionnel. Né à Nice en 1956, il a appris le métier pendant de longues années en Asie et en Afrique du Nord et a exercé en Californie jusqu’à sa mort en 2021.
Quand Frenchy Cannoli est-il mort ?
Frenchy Cannoli est décédé le 18 juillet 2021, à 64 ans, des suites de complications après une opération.
Qu’est-ce que le charas ?
Le charas est un haschich obtenu en frottant des têtes fleuries encore vivantes entre les mains jusqu’à ce que la résine colle et puisse être façonnée. La méthode est traditionnelle notamment dans la vallée de Parvati en Inde, où Frenchy Cannoli l’a apprise.
Qu’entendait Frenchy Cannoli par terroir ?
Il estimait que le sol, le climat et le travail du cultivateur donnent au cannabis un caractère unique, comme pour le vin. C’est pourquoi il souhaitait des appellations d’origine pour le cannabis sur le modèle des appellations viticoles françaises.
Qu’était The Lost Art of the Hashishin ?
C’était la série de séminaires de Frenchy Cannoli en Californie, où il enseignait la fabrication traditionnelle du haschich par tamisage, pressage et affinage.
Sources
- High Times (2021). Paying Our Respects to Revolutionary Educator and Hashmaker: Frenchy Cannoli Passes Away.
- 48 hills (2021). Puff: A farewell to Frenchy Cannoli, master of hashish.
- Leaf Magazine. Requiem for a Hashishin.
- World of Cannabis Museum. Frenchy Cannoli: Requiem for a Hashishin.
- Newsweed. Frenchy Cannoli: the master of artisanal hashish, his life and death.
- Frenchy Cannoli. À propos.



